La tension chronique entre forces de l'ordre et journalistes, faute de dialogue structuré. Une instance de médiation, de formation croisée et de documentation des incidents.
Dans de nombreux pays africains, les relations entre les forces de défense et de sécurité et les professionnels des médias sont marquées par la méfiance, la tension, voire la violence. Des journalistes sont arrêtés, brutalisés, empêchés de travailler lors de manifestations, de crises sécuritaires ou d'opérations militaires. Des matériels sont confisqués, des images détruites, des accréditations révoquées arbitrairement. De l'autre côté, des officiers et agents de sécurité dénoncent des pratiques journalistiques qui mettent en danger des opérations en cours ou exposent des informations sensibles.
Ce face-à-face stérile est le symptôme d'un problème fondamental : l'absence d'un cadre de dialogue structuré, d'une instance de médiation reconnue, d'une culture partagée entre deux mondes qui ont pourtant tout intérêt à se comprendre. L'information libre ne peut exister sans sécurité. La sécurité démocratique ne peut s'exercer sans une presse libre. Les deux sont indissociables.
« On ne peut pas défendre la liberté de la presse avec des coups de matraque. On ne peut pas défendre la sécurité nationale en ignorant les journalistes. »
LE PROJET
L'Observatoire Presse-Sécurité est une structure permanente de dialogue, de médiation et de formation croisée entre les corps constitués — forces armées, police, gendarmerie, services de renseignement — et les hommes et femmes de médias. Son ambition est de créer un espace de confiance mutuelle, fondé sur la connaissance réciproque des droits, des devoirs et des contraintes de chaque partie.
Concrètement, l'Observatoire interviendra sur trois axes : la formation croisée, en organisant des sessions d'éducation des forces de sécurité aux droits des journalistes et, inversement, des journalistes aux impératifs de sécurité opérationnelle ; la médiation, en se positionnant comme instance de recours neutre en cas de conflit entre médias et forces de l'ordre ; et la documentation, en produisant des rapports réguliers sur les incidents impliquant des journalistes pour permettre une amélioration continue des pratiques.
Ce projet s'appuie sur l'expérience unique de M'ma Camara, qui intervient depuis 2018 comme formatrice en communication opérationnelle à l'Académie des Forces Armées de Zambakro et à l'École de Police d'Abidjan, et qui connaît intimement les deux réalités.
L'IMPACT ATTENDU
Réduire les incidents entre journalistes et forces de sécurité. Améliorer les conditions d'exercice du journalisme en zones sensibles. Contribuer à une culture démocratique où la presse et les institutions coexistent dans le respect mutuel. Et, à terme, servir de modèle réplicable dans d'autres pays de la sous-région.